Débat: comment mettre fin au martyre syrien

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Depuis 2011, et ces derniers jours encore à Alep, le conflit syrien a fait plus de 270 000 morts. Comment mettre fin aux combats et à l’impunité du régime syrien ? Comment ranimer l’espoir d’une transition politique ? Deux spécialistes de la Syrie en débattent : Hala Kodmani et Nicolas Hénin.

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250 000 Syriens vivent encore à Alep, où l’armée syrienne bombarde indifféremment les quartiers civils et les fronts tenus par les organisations proches de Jabhat En Nosra, l’organisation qui a prêté allégeance à Al-Qaïda et combat le régime syrien comme l’État islamique. Dans le même temps, le 3 mai 2016, des roquettes tirées par les rebelles syriens sur un hôpital dans une zone d'Alep tenue par les forces gouvernementales auraient fait plusieurs dizaines de morts et de blessés, rapportent la télévision d'État et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

La violence sur le terrain paralyse ainsi tout espoir de processus politique de transition. Le 28 avril, au lendemain du bombardement de l’hôpital Al-Qods par l’armée syrienne, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, en a appelé aux présidents russe et américain pour tenter de sauver le processus de négociations officiellement toujours en cours entre l’opposition syrienne et le régime de Damas. Ce processus achoppe notamment sur la question du départ de Bachar al-Assad, préalable pour l'opposition syrienne à toute négociation.

 © Wikipédia/Mediapart/CC-BY-SA © Wikipédia/Mediapart/CC-BY-SA

Quel but poursuit le président syrien en faisant bombarder Alep, en violation de la trêve conclue fin février ? Depuis 2011, le conflit a fait plus de 270 000 morts. Comment mettre fin aux combats et à l’impunité du régime syrien ? Comment protéger Alep et les civils ? La solution consiste-t-elle en la mise en place d'une “no fly zone”, une zone contrôlée par une coalition internationale où l'aviation syrienne ne pourrait entrer sans risquer d’être abattue ? 

Comment comprendre la position russe, qui insiste avant tout ces derniers jours sur le souhait de voir la communauté internationale classer deux groupes rebelles, Ahrar Al-Cham et Jaïch Al-Islam, parmi les organisations terroristes ? Alep, c’était aussi la « Syrie promise », une ville multiculturelle et multiconfessionnelle. Que reste-t-il de cette Syrie, après cinq ans de conflit ? Et comment ranimer l’espoir d’une transition politique ?

Pour répondre à toutes ces questions, deux invités :

  • Hala Kodmani, journaliste, auteure de La Syrie promise.
  • Nicolas Hénin, journaliste, auteur de l'ouvrage Jihad Academy.
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