Traité de Lisbonne: le président tchèque Vaclav Klaus joue la montre

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Après le oui irlandais, tous les yeux sont désormais tournés vers la République tchèque et son sulfureux président qui refuse de parapher le traité de Lisbonne. Conscient qu'il ne pourra seul faire barrage aux modifications institutionnelles prévues par le texte, Vaclav Klaus compte sur le recours déposé devant la cour suprême tchèque et les conservateurs britanniques pour donner encore quelques sueurs froides à Bruxelles.

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Vaclav Klaus, le président de la République tchèque, eurosceptique sans état d'âme se sent abandonné. Au lendemain du revirement en Irlande, où les électeurs ont accepté à 67,1% le traité de Lisbonne, il désespère de l'aide de la Pologne et de la Grande-Bretagne pour arriver à ses fins. Au regard du résultat du référendum du 2 octobre, le président Lech Kaczynski a fait savoir qu'il apposerait, dans les jours qui viennent, son paraphe au traité.
Reste les conservateurs britanniques qui sont prêts à revenir sur l'engagement de leur pays. Selon le Daily Mail, leur dirigeant David Cameron a écrit au président tchèque pour lui faire savoir qu'il souhaite organiser un référendum sur le traité de Lisbonne si les Tories gagnent aux législatives du printemps prochain. Mais Vaclav Klaus n'y croit plus. « Il n'y aura jamais un autre référendum en Europe », a-t-il déclaré à la BBC. « Le peuple britannique aurait dû réagir plus tôt et pas juste maintenant, trop tard, parler et attendre ma décision ».
Le chef de l'Etat tchèque se réfugie pour l'instant derrière le recours intenté devant la Cour constitutionnelle à Prague pour temporiser. Fin septembre, dix-sept sénateurs issus de l'ODS, le parti civique démocratique libéral au pouvoir, proches de Vaclav Klaus, ont déposé une nouvelle plainte contre le traité de Lisbonne auprès de la Cour suprême. Pessimiste, Jan Fischer le premier ministre tchèque, cité par le site Euractiv, a prévenu les leaders européens que ce recours pourrait prendre de trois à six mois et reporter d'autant la ratification du traité de Lisbonne.

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