Victoire surprise des conservateurs de David Cameron au Royaume-Uni

Les conservateurs emportent les élections législatives au Royaume-Uni, grâce à la déroute des travaillistes, défaits par le vote nationaliste écossais. David Cameron conserve donc son mandat pour cinq années supplémentaires. 

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Large victoire, contre tous les pronostics : les conservateurs britanniques pourraient détenir seuls une majorité de fait à la Chambre des communes à l'issue des élections législatives de jeudi, estime la BBC sur la base d'une nouvelle projection fondée sur les résultats de plus de 70 % des circonscriptions.

Les Tories sont en passe de remporter 325 sièges sur 650, ce qui leur assurerait la majorité car quatre élus du Sinn Fein nord-irlandais n'exercent pas leur droit de vote. Un sondage réalisé à la sortie des urnes jeudi attribue 316 sièges aux conservateurs contre 239 au Parti travailliste.

S'exprimant après avoir été élu dans l'Oxfordshire, David Cameron a estimé qu'il était trop tôt pour se prononcer sur le résultat final du scrutin, mais a dit qu'il espérait toutefois gouverner pour tout le monde et tenir sa promesse d'accroître la décentralisation dans le pays.

Le chef du Labour Ed Miliband s'est dit déçu vendredi après les projections de résultats pour des élections législatives britanniques donnant les travaillistes en perte de vitesse, loin derrière les conservateurs du premier ministre David Cameron.

« Cela a été à l'évidence une nuit très difficile et décevante pour le Parti travailliste », a déclaré Ed Miliband à ses partisans. Il conserve toutefois son siège à Doncaster, dans le nord de l'Angleterre. Selon un sondage à la sortie des urnes, le Labour obtiendrait 239 sièges à la Chambre des communes, contre 258 sièges lors de la précédente législature il y a cinq ans et contre 316 aux Tories de David Cameron.

Concédant de fait sa défaite, Ed Miliband s'est dit « profondément désolé » pour la performance du Labour, notamment en Ecosse où le Labour a été submergé par une poussée du nationalisme écossais.

Quand au Parti national écossais, il a remporté son pari. Le parti de Nicola Sturgeon, révélation de la campagne électorale, remporte presque tous les sièges d’Ecosse. Le Scottish National Party a remporté 56 des 59 sièges à pourvoir en Ecosse, où les travaillistes étaient jusqu'ici largement majoritaires. Il s’agit pour les travaillistes d’une défaite historique.

Le raz-de-marée indépendantiste sonne comme une nouvelle impulsion en faveur de l’indépendance, après les 45 % de « oui » remportés lors du référendum de septembre dernier. Le parti indépendantiste va disposer d’une imposante tribune à Westminster, qu’il va utiliser pour attaquer les conservateurs, qui sont honnis en Ecosse. « Nous assistons à un tsunami électoral gigantesque », s'est enthousiasmé, Alex Salmond, l'ancien leader du SNP. « Le SNP sera impossible à ignorer et très difficile à arrêter », a-t-il dit en soulignant que le résultat du parti privait David Cameron de toute légitimité en Ecosse où le Parti conservateur n'aura pas de siège.

Les "Lib-Dem", parti centriste libéral et pro-européen allié des conservateurs dans la précédente mandature, ont eux aussi subi des revers et ils pourraient ne détenir que 10 sièges au final dans tout le pays, contre 57 dans le parlement sortant, une défaite sans appel pour leur chef de file Nick Clegg, vice-premier ministre sortant, qui a parlé d'une nuit « cruelle et cuisante ».

Quant au Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui prône la sortie du pays de l'Union européenne, il devrait se contenter de deux sièges au mieux et son leader, Nigel Farage, pourrait être battu dans la circonscription où il se présentait, ce qui devrait le conduire à démissionner.

Sur le plan international, une conséquence d'un maintien de David Cameron au 10, Downing Street est d'ores et déjà connue : un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne au sein de l'Union européenne devrait avoir lieu d'ici deux ans, ce qu'a promis le premier ministre sortant en cas de réélection.

Selon le professeur de droit constitutionnel Vernon Bogdanor, la victoire des conservateurs, si elle est confirmée, sera un « triomphe » pour David Cameron. Il serait en effet le premier chef de gouvernement à gagner des sièges depuis Margaret Thatcher en 1983.

La livre sterling a gagné du terrain face au dollar dès la publication des premières estimations, atteignant son plus haut niveau depuis fin février et elle était en passe d'enregistrer sa plus forte progression en une journée face à l'euro depuis janvier 2009. (Reuters)

Les résultats, tels que publiés par le Guardian

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