Dix ans après la révolution, la Tunisie se trouve dans une impasse

Par et

Rupture entre le chef du gouvernement et le président, conflits parlementaires et montée du populisme, dans un contexte de crise sanitaire et économique... En cet anniversaire du soulèvement tunisien, les politiques se retrouvent face à la colère de la rue, qui demande des comptes.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Des avenues barricadées, à commencer par l’artère la plus emblématique de Tunis (l’avenue Bourguiba), des boutiques fermées, des murs d’uniformes à chaque coin de rue... Et en levant la tête, comme au-dessus de l’avenue Mohammed V d’où s’élancent les manifestants, un drone et même des policiers armés, perchés sur les toits des bâtiments. C’est devenu le quotidien depuis la mi-janvier : chaque manifestation est étroitement quadrillée par les forces sécuritaires en Tunisie, parfois violemment réprimée, faisant craindre à nombre de citoyens les prémices d’un retour à l’État policier, la marque de fabrique de la dictature de Zinedine Ben Ali, despote déchu il y a dix ans.