La gauche radicale marocaine peine à se mettre en ordre de bataille

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C'est une gauche radicale divisée, affaiblie, qui a entrepris de renouer avec le jeu politique institutionnel à un an des législatives. Des désaccords profonds persistent sur des sujets fondamentaux comme la participation aux élections, le rôle de la monarchie, la question du Sahara ou le dialogue avec les islamistes. 

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Casablanca, Maroc, de notre correspondante.- Le parcours militant de Abdullah Abaakil illustre l'évolution récente de la gauche contestataire marocaine. Une gauche cherchant à trouver ses marques, oscillant entre opposition et participation au jeu politique. Cet ancien de la coordination casablancaise du Mouvement 20-Février a été formé à la jeunesse de l'USFP (l'Union socialiste des forces populaires), qu'il a fini par quitter en 1995, s'y trouvant, comme de nombreux militants par la suite, trop à l'étroit. Des années plus tard, alors que la gauche traditionnelle est au plus bas et que les partis politiques, y compris l'USFP, sont décrédibilisés, il a battu le pavé avec des dizaines de milliers de Marocains qui ont tenté d'arracher plus de démocratie au Makhzen – l'épicentre du pouvoir marocain – lors des manifestations qui ont secoué le Maroc dans la foulée des révolutions tunisienne et égyptienne. Les quatre partis qui soutenaient la protestation, tous de la gauche dite radicale – l'USFP n'a pas soutenu la contestation –, avaient appelé, à l'instar des activistes du mouvement, au boycott du référendum constitutionnel et des élections anticipées concédés par le pouvoir sous la pression de la rue.