Déçus par Lula, les sans-terre ne lâchent rien

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POSSEDER LA TERRE (3/4). Le Brésil est l'exemple le plus caricatural de la concentration foncière. Au dernier recensement agricole, 1% de la population détient 44% de la terre cultivable du pays. Pour lutter contre cette injustice, le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) tente depuis 1984 d'occuper des terres et d'améliorer la condition des paysans. Ce faisant, il est devenu la principale référence sociale du continent sud-américain. Reportage à Eldorado do Carajás, Etat du Pará.

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De notre envoyée spéciale à Eldorado do Carajás (Brésil)

Pour une fois, l'orage est bienvenu. La terre si souvent craquelée sous le soleil du Pará, dans l'Amazonie brésilienne, est devenue boue. Une aubaine pour le groupe de jeunes membres du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre, plus connu sous l'abréviation MST. Ils doivent préparer une «mistica», une cérémonie en l'honneur de ceux qui sont tombés au combat pour la terre. Nous sommes sur la route d'Eldorado do Carajás, un village du Pará, là où, le 17 avril 1996, la police militaire a tué à bout portant dix-neuf paysans sans terre qui réclamaient de meilleures conditions de vie.