Remuer les cendres du féminisme algérien

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Mediapart diffuse Lettre à ma sœur, un documentaire d'Habiba Djahnine, sur le trace de sa sœur Nabila, militante féministe algérienne victime de la décennie noire du terrorisme. Un film d'une heure au chevet d'un mouvement féministe à reconstruire, à l'heure où le code de la famille organise toujours la subordination de la femme algérienne à l'homme.

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«Il faut se ramasser soi-même. Mais comment le faire quand nous ne sommes plus que cendres?» Elle n'avait pas trente ans, en ce jour de février 1995 où elle perdit la vie à Tizi Ouzou, assassinée par trois hommes à la sortie de son travail. C'était au cœur de la décennie noire, d'une Algérie noyée dans la guerre civile, le terrorisme. Féministe convaincue, architecte et présidente de l'association «Thighri n'Tmetout» (Cri de femme), Nabila Djahnine avait très tôt pris part aux mobilisations contre le code de la famille, voté en 1984, qui organise la subordination de la femme algérienne à l'homme. Alors qu'en ce printemps 2010 les violences faites aux femmes dans la région d'Hassi Messaoud font à nouveau les gros titres des journaux, c'est le parcours d'une activiste algérienne emblématique que retrace le documentaire de sa sœur, la cinéaste Habiba Djahnine, fondatrice des rencontres cinématographiques de Bejaïa (le plus important atelier de formation du pays).