Sidi Bouzid, encore et toujours oublié, sept ans après la révolution

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Mabrouk Soltani, un jeune berger de la région du mont Mghila, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, avait été décapité par des terroristes le 13 novembre 2015. Son frère Khalifa a été retrouvé mort au début de ce mois de juin. Pour la région, la menace terroriste s’ajoute à un sentiment de délaissement et de marginalisation qui n’a pas changé depuis la révolution.

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Région de Sidi Bouzid (Tunisie), envoyée spéciale.– Pour aller au pied du mont Mghila, qui culmine à 1 370 mètres d’altitude, la route n’est pas cailloutée, comme dans certains villages du gouvernorat de Sidi Bouzid. Elle a été récemment goudronnée. C’est l’une des mesures prises après la mort du berger Mabrouk Soltani, égorgé en 2015 par des terroristes. Le mont se trouve dans la délégation de Jelma, à quelques kilomètres de Sidi Bouzid, au centre de la Tunisie. Dans le village qui jouxte le mont, d’environ 4 000 habitants, pas de check point ni de contrôle d’identité. Pourtant, la Garde nationale arrive bientôt pour dire que la zone est dangereuse et qu’il ne faut pas y rester, encore moins lorsque l’on est des journalistes étrangers. Pour la famille des Soltani, pas de protection particulière, malgré la perte de deux adolescents en moins de deux ans, tués par des terroristes qui opèrent dans la montagne, ponctuellement, en s’affrontant aux patrouilles militaires.