«Evo Morales est victime de ses contradictions, mais aussi, paradoxalement, de son succès»

Par

Evo Morales, le président bolivien contraint à la démission et qui s’est vu accorder l’asile politique par le Mexique, s’était fait élire en 2006, pour son premier mandat, sur la promesse d’un gouvernement indigéniste et respectueux de l’environnement. Mais il s’en est progressivement éloigné au point de susciter des contestations au sein même de ses anciens alliés. La chercheuse Laetitia Perrier-Bruslé nous explique le projet d’Evo Morales et les résistances qu’il a rencontrées.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Entre 2003 et 2005, la Bolivie avait connu une période d’instabilité et d’ingouvernabilité. Puis Evo Morales, le premier président autochtone, a imposé son pouvoir pendant près de treize ans, répartissant les fruits de la croissance parmi les plus défavorisés. L’annonce de sa victoire dès le premier tour fin octobre pour un quatrième mandat a déclenché une mobilisation de l’opposition, qui a abouti à la démission d’Evo Morales samedi dernier. Ce dernier a dénoncé un « coup d’État civique ». Décryptage de la situation avec la géographe spécialiste de la Bolivie Laetitia Perrier-Bruslé, maîtresse de conférences en géographie à l’université de Lorraine.