Confessions d'un ancien cheikh islamiste marocain

Par

Libéré après neuf ans de prison, Abou Hafs tient désormais un discours radicalement différent de ses prêches djihadistes du début des années 2000. Selon ses dires, il s'est lui-même « déradicalisé » en détention et considère aujourd'hui qu'il faut réviser le « patrimoine islamique » pour contrer Daech.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

De notre correspondante au Maroc. - Mohamed Abdelouahab al-Rafiqi, connu sous le nom de Abou Hafs, fait partie d'un groupe de théoriciens condamnés à de lourdes peines de prison dans la foulée des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca. Ce soir-là, cinq attaques terroristes quasi simultanées avaient tué une quarantaine de personnes. Le parlement marocain adoptait dans l'urgence une loi antiterroriste controversée. Environ 5 000 personnes auraient été arrêtées et plus d'un millier condamnées. Le jeune cheikh, formé en Arabie saoudite, et ses pairs (Hassan Kettani, Mohamed Fizazi, Omar Hadouchi) seront jugés coupables d'avoir inspiré les attaques et condamnés à des peines allant jusqu'à trente ans de prison. Douze ans plus tard, alors que la menace Daech est omniprésente, Abou Hafs tient un discours à des années-lumière des prêches enflammés de sa jeunesse, durant lesquels il allait jusqu'à justifier les attaques du 11 septembre 2001 au nom du djihad.