Islande: l'utopie est au fond de la centrale électrique

Par
Des artistes et designers victimes de la crise tentent de s'organiser en communauté, dans une centrale électrique abandonnée. Chacun à sa manière tire les leçons de la crise. Quatrième volet de notre enquête sur «l'Islande indignée».

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

De notre envoyé spécial à Reykjavik
Ils ont dansé ensemble pendant une heure, un vendredi soir de février, dans une centrale électrique abandonnée. Des centaines d'Islandais pris dans une «danse de la pluie» pour «exorciser la crise», à l'initiative d'étudiants de l'Académie des arts de Reykjavik, à qui l'on avait demandé d'imaginer leur «nouvelle Islande». Depuis sa cabine, le DJ interpelle les clubbers ceints de gilets de sécurité orange et coiffés de casques de chantier – «Criez pour les bénéfices», ou encore «Réveillez-vous!»... L'Islande d'après le crash semble redécouvrir les vertus de la communauté.

Toppstödin, une centrale électrique logée au cœur d'une douce vallée boisée de la capitale, où cette «rave party» fut organisée, est en train de devenir l'un des lieux, encore confidentiels, du «réveil islandais». «Pour demander votre chemin, il suffit de demander aux habitants où se trouve le bâtiment le plus moche et décati de la ville», plaisante Andri Magnason, un jeune écrivain à l'origine, avec d'autres, de la renaissance du site depuis un an et demi.