En Turquie, « une marche supplémentaire vers l’autoritarisme d’Erdogan et de l’AKP »

La vague d’arrestation des journalistes en Turquie, qui vise en priorité des proches de la confrérie Gülen, met en lumière la faiblesse de l’opposition politique turque. Entretien avec Esra Atuk, qui enseigne les sciences politiques à l’université de Galatasaray.

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Depuis hier, toute la Turquie ne parle que de cela. Dimanche 14 décembre, le rédacteur en chef de l'un des principaux quotidiens du pays, Zaman, a été arrêté dans les locaux du journal. Des mandats d'arrêt ont par ailleurs été émis contre 31 personnes accusées par les autorités de « former un gang pour essayer d'attenter à la souveraineté de l'État », rapporte l'agence Anatolie. Ces arrestations marquent une nouvelle étape dans la lutte que livre le président Recep Tayyip Erdogan à son allié d’hier, la confrérie Fethullah Gülen, dont Zaman est proche. Docteur en sciences politiques, enseignante à l’université de Galatasaray, Esra Atuk y voit une nouvelle manifestation de la « dérive autoritariste » dans laquelle s’est engagé le président turc, et face à laquelle une grande partie des Turcs se sentent aujourd'hui impuissants, faute de contre-pouvoir et d'opposition politique à la hauteur de l'enjeu. Entretien.

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