« Aujourd’hui, Obama solde les comptes. » Paru début 2013 chez Fayard, le dernier livre de Jean-Pierre Filiu (Le Nouveau Moyen-Orient, 402 p., 22 €) n’est pas simplement le récit événementiel d’une révolution en cours s'attachant d'abord à décrire la spécificité du système Assad « pour ensuite décliner les “saisons” de la révolution ». C’est aussi une projection pour tenter de voir, derrière ce Moyen-Orient désinvesti par les puissances internationales, le nouvel élan d'une région clé qui renouvelle ses acteurs et forge son processus auto-émancipateur. « Cette révolution syrienne est politique, elle vaincra par le politique », nous explique le professeur de Sciences-po (Paris), familier de la Syrie depuis plus de trente ans, qui décrit la révolution arabe comme un « processus qui durera une génération ». Entretien.