Le pouvoir d'Alger sourd au jeûne des enseignants

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A Alger, cinquante-cinq enseignants jeûnent depuis le 14 juillet, dans l'espoir d'être titularisés. Le pays compte 40.000 enseignants contractuels. Certains travaillent au noir depuis 14 ans, et n'ont pas touché de salaire depuis 2005. Le ministre de l'éducation ne s'estime «pas concerné».

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«Trois personnes ne bougent presque plus et sont étendues comme des cadavres. Notre situation est catastrophique.» Dans le local algérois du syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (Snapap), où sont massés 55 enseignants en grève de la faim, Nassira Ghozlane ne cherche plus guère à masquer son angoisse. «Les avis des médecins sont alarmants», confie la secrétaire générale du syndicat, auquel est affiliée la coordination nationale des enseignants contractuels (CNEC). Ce vendredi 15 août, au 33e jour de leur jeûne, les 55 enseignants contractuels sont à un stade de dégradation physique avancé. Jeudi 14 août, le docteur Houari Kaddour, président du conseil national de santé publique, a estimé, après examen, que quinze enseignants ne survivraient pas plus de dix jours, «dans le meilleur des cas». La plupart des grévistes ont perdu 60% de leurs poids. Deux d'entre eux ont en outre attenté à leur vie en ingurgitant de l'eau de javel et d'autres détergents.