Une novice en politique en tête de la présidentielle en Slovaquie

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Zuzana Caputova, novice en politique qui a axé sa campagne sur la lutte contre la corruption, est arrivée en tête du premier tour de l'élection présidentielle samedi en Slovaquie, d'après les résultats communiqués dimanche après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins.
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BRATISLAVA (Reuters) - Zuzana Caputova, novice en politique qui a axé sa campagne sur la lutte contre la corruption, est arrivée en tête du premier tour de l'élection présidentielle samedi en Slovaquie, d'après les résultats communiqués dimanche après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins.

La candidate du parti Progressiste, qui ne dispose d'aucun siège au Parlement, a recueilli 40,5% des suffrages et sera opposée au second tour à Maros Sefcovic, le "candidat de la continuité" soutenu par le parti du Smer (centre gauche) au pouvoir, crédité de 18,7% des voix.

Caputova, avocate et activiste âgée de 45 ans n'ayant jamais exercé de fonction dans l'administration, est devenue la figure de proue d'un mouvement de contestation déclenché par l'assassinat du journaliste Jan Kuciak et de sa compagne en février 2018.

Le double assassinat a provoqué une onde de choc dans le pays et alimenté la colère de l'opinion contre la corruption. La Slovaquie a été le théâtre de manifestations sans précédent depuis la chute du régime communiste fin 1989, et la pression de la rue a conduit à la démission du Premier ministre Robert Fico et de deux de ses ministres.

Si le parti du Smer est resté au pouvoir, il a perdu en popularité au fil du mouvement de contestation.

Marcos Sefcovic, commissaire européen, pourrait toutefois profiter au second tour du soutien d'une partie de la population préférant la stabilité au changement incarné par Caputova, décrite par certains comme une figure de l'extrême gauche et trop libérale.

L'ancien ministre de la Justice, Stefan Harabin, qui siège à la Cour suprême, se classe en troisième position du scrutin avec 14,4% des voix. Le chef de file de l'extrême droite, Marian Kotleba, a lui obtenu 10,6% des suffrages.

Un second tour opposera Caputova et Sefcovic le 30 mars. Pour être élu au premier tour, il fallait obtenir les voix de plus de 50% des inscrits - et pas seulement des suffrages exprimés -.

Une victoire de Caputova marquerait une rupture avec l'émergence des forces populistes en Europe.

Appuyée par le président sortant Andrej Kiska qui ne briguait pas une réélection, cette libérale pro-européenne a promis de mettre fin au "détournement de l'Etat par des individus tirant les ficelles dans l'ombre à la place des représentants élus".

"Je vois une forte demande de changement dans cette élection à la suite des événements tragiques du printemps dernier et de la très forte réaction de l'opinion", a déclaré Caputova après avoir voté dans sa ville de Pezinok.

Aux termes de la Constitution, le président ne peut prendre de décisions au quotidien, mais dispose d'un droit de veto pour la désignation des procureurs et des juges, ce qui est fondamental dans la lutte anti-corruption.

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