Après Charlottesville, la présidence Trump est lâchée de toutes parts

Par Philippe Coste

Depuis ses propos justifiant les actions néonazies à Charlottesville, Donald Trump voit ses rares soutiens l’abandonner. Un à un, les républicains prennent leur distance avec la présidence. De leur côté, les grands patrons le lâchent, marquant une rupture entre le monde des affaires et la Maison Blanche.

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On ne se méfie jamais assez quand  Donald Trump appelle ses concitoyens « à s’unir et s’aimer mutuellement ». Dans l’heure qui a suivi la mort de Heather Heyer – une manifestante antiraciste fauchée par la voiture d’un blanc suprémaciste à Charlottesville (Virginie), le 12 août –, le tribun de l’Amérique d’abord s’est essayé un instant à des vœux pieux inédits, avant de renvoyer dos à dos les protagonistes de violences « venues de multiples côtés », jetant dans le même sac, sans même les nommer, les néonazis rassemblés pour défendre une statue du général confédéré Robert E. Lee, et les contre-manifestants déterminés à combattre leur idéologie. Deux jours plus tard, piqué au vif par l’indignation générale, Trump se résignait à démentir son relativisme moral, abandonnant sa neutralité équivoque avec une mine de gamin rabroué, pour enfin s’en prendre nommément au Ku Klux Klan, aux suprémacistes et autres Blancs nationalistes. (Voir dans l'onglet Prolonger le reportage de Vice sur les néonazis à Charlottesville pendant ces trois jours.)