En Hongrie, Orbán engage un «combat culturel» pour asphyxier la gauche

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Le gouvernement de Viktor Orbán mène depuis quelques mois une attaque frontale contre les mondes académique et culturel, accusés de déloyauté et de déviance idéologique. Mais les oppositions n'ont pas dit leur dernier mot : depuis quelques jours, la colère gronde à Budapest et dans plusieurs villes hongroises.

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Budapest (Hongrie), correspondance.-  Depuis mercredi 12 décembre, une résistance a resurgi dans la capitale hongroise. Des milliers de personnes défilent chaque soir dans le centre de Budapest et font face à la police, qui protège le Parlement à coups de grenades lacrymogènes. Ce dimanche, ils étaient environ 15 000 à défiler dans la rue de la capitale, et d'autres rassemblements se sont également tenus dans plusieurs villes du pays. En cause : deux nouvelles lois qui confirment la voie prise par le régime Orbán – libéralisation du marché du travail et entorses à l’État de droit. La première augmente en effet le nombre maximum d’heures supplémentaires de 250 à 400 heures par an, malgré l’opposition des syndicats. La seconde prévoit la création d’une juridiction administrative pour juger des dossiers sensibles pour l’État (droit d’asile, droit de manifestation, police, marchés publics, médias…), placée sous le contrôle direct du ministère de la justice.