Vivre la crise au Portugal : «Nos réseaux sociaux ne sont pas virtuels»

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Longtemps abandonné à ses subventions européennes, l'intérieur portugais traverse la crise plutôt moins mal que les grandes villes. Solidarités anciennes et nouvelles, résurgence de l'économie souterraine et peut-être même une lumière au bout du tunnel, les « néo-ruraux ».

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À la nuit tombée, le visiteur qui approche ce village haut perché de l’Alentejo percevra confusément un changement. Mais c’est bien sûr : l’imposante forteresse médiévale à sa gauche et la chapelle qui lui fait face sur l’autre crête rocheuse, autrefois généreusement illuminées, sont désormais plongées dans l’obscurité, restrictions budgétaires obligent. Sur les accès routiers de ce « bourg remarquable », l’éclairage municipal est éteint ou réduit de moitié. Dans la campagne environnante, où les monuments éclairés projetaient la nuit leur présence rassurante, les plaintes montent des « quintinhas » (petites fermes) : sentiment d’insécurité, d’abandon, de mépris. Avec la crise financière, qui a contraint le Portugal, au printemps 2011, à demander une assistance financière étrangère, l’intérieur déshérité serait-il revenu à l’âge des ténèbres ?