Une cellule d’extrême droite au sein de la police à Francfort

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Une cellule néonazie menaçait de tuer la fille d’une avocate d’origine turque. L’enquête a conduit sur la piste de cinq policiers d’extrême droite. L’affaire fait grand bruit outre-Rhin, raconte la correspondante en Allemagne du Temps de Genève.

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Seda Basay-Yildiz a l’habitude des lettres de menace. Cette avocate de Francfort d’origine turque compte parmi ses clients des familles de victimes de la cellule terroriste d’extrême droite NSU (dix personnes assassinées, dont huit Turcs et un Grec entre 2000 et 2007), un islamiste considéré comme dangereux, Haykel S., et Sami A. – surnommé par la presse allemande « le garde du corps d’Oussama ben Laden » – au centre d’une procédure d’extradition contestée. Normalement, elle n’y prête pas attention. Jusqu’à un fax haineux reçu au début du mois d’août dernier, qui s’en prend directement à sa famille. « Truie turque pourrie, fous le camp tant que tu peux encore sortir vivante d’ici », intiment les signataires du message qui mentionne l’adresse privée de l’avocate ainsi que le nom de sa fille de 2 ans et parlent de l’« abattre ». Le texte est signé « NSU-2.0 ». Seda Basay-Yildiz, inquiète pour la sécurité de sa famille, porte plainte.