Justine Brabant: «Au Congo, il est plus facile de faire la guerre que de la politique»

Par

La journaliste et chercheuse Justine Brabant nous emmène sur le chemin des combattants des Kivu, dans son livre au titre en forme de paradoxe sur les conflits congolais qui durent depuis plus de vingt ans : « Qu’on nous laisse combattre, et la guerre finira » 

Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

C’est un des conflits les plus longs et les plus meurtriers de notre planète et, s’il n’est pas complètement absent des radars médiatiques, il est souvent traité avec des haussements d’épaules désemparés. Il s’agit de la « grande guerre mondiale africaine », qui ravage la République démocratique du Congo avec plus ou moins d’intensité depuis 1994 et les conséquences du génocide des Tutsis au Rwanda.

Mais si cette guerre, ou plutôt ces guerres, ont impliqué parfois jusqu’à une demi-douzaine des pays limitrophes du Congo, elles se concentrent bien souvent dans la région des Kivu, ces deux provinces de l’Est congolais frontalières du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda. C’est là qu’une partie des génocidaires rwandais se sont réfugiés, qu’ils ont été poursuivis par l’armée de Kigali, qu’ils ont formé des alliances avec les rébellions locales et que tous ces combattants ont entrepris de vivre des ressources naturelles locales… Au bout du compte, tous ces va-et-vient, tous ces intérêts croisés, toutes ces armes ont contribué à déstabiliser encore davantage une région éloignée du pouvoir central de Kinshasa.

Justine Brabant, chercheuse et journaliste à Arrêt sur images, a entrepris de parcourir les chemins tortueux et souvent impraticables des Kivu et, pendant trois ans, mêlant reportage et approche rigoureuse du « terrain », elle est allée à la rencontre de ces combattants sans qui il n’y aurait pas de guerre. Pourquoi se battent-ils ? Avec quels moyens et soutiens ? Quelles causes défendent-ils ? Sont-ils prêts à déposer les armes ?

Toutes ces rencontres ont donné lieu à un livre écrit sur le mode du reportage à la première personne du singulier, qui permet de rentrer dans la complexité de ce conflit multiforme qui perdure depuis plus de vingt ans et dont toute l’essence est résumée dans ce formidable titre paradoxal : « Qu’on nous laisse combattre, et la guerre finira » !

 

kivus
Justine Brabant
« Qu’on nous laisse combattre, et la guerre finira »
La Découverte, 21 euros.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale