De l’Espagne au Chili, l’épuisement des transitions «pactées» vers la démocratie

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Consenties et négociées par les élites autoritaires, les transitions vers la démocratie ont étouffé des contradictions qui se réveillent aujourd’hui. Instruit par l’expérience espagnole, le clan Pinochet a particulièrement verrouillé le régime chilien, d’où la revendication actuelle d’un changement de Constitution. 

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Parmi les États dont les peuples se soulèvent pour plus de démocratie et de justice, l’Espagne et le Chili partagent un point commun qui interpelle. Ces deux pays, dont le passé dictatorial est encore récent, ont accompli des transitions dites « pactées » vers un État de droit et un régime d’élections libres et pluralistes – le premier entre 1975 et 1982, le second entre 1988 et 1990. Le passage de l’autoritarisme à la démocratie libérale a été consenti par les élites de l’ancien régime, qui l’ont négocié avec les forces de l’opposition.