En Syrie, «baiser toutes les femmes pour les punir»

Dans une enquête glaçante, Libération rapporte le témoignage de plusieurs ex-cadres et agents du régime de Bachar al-Assad qui racontent comment, dès 2011, Damas a utilisé le viol comme arme de guerre pour mater et terroriser l’opposition.

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Sept ans après le début de la révolution syrienne, Bachar al-Assad apparaît en position de force. Sept années de combats meurtriers – avec les soutiens russe et iranien – et d’attaques féroces contre les civils ont forcé près d’un Syrien sur deux à quitter son domicile. La stratégie du régime s’est avérée gagnante. Au cœur de cette stratégie, une tactique aussi efficace que secrète : le viol. Les membres des forces de sécurité syriennes ont à dessein agressé sexuellement des opposantes, ou des proches d’opposants. « Un officier des services de renseignement militaire m’a dit : “Ces gens doivent être tués. Nous devons violer les femmes. Nous devons tout faire pour les arrêter” », se souvient ainsi un ancien lieutenant de l’armée syrienne en poste à Idlib.