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Mediapart dim. 7 févr. 2016 7/2/2016 Dernière édition

Hollande, Bouteflika: les raisons d'une amitié

20 décembre 2012 | Par Lénaïg Bredoux

Les présidents français et algérien ont signé mercredi à Alger une « déclaration d’amitié ».  Les deux hommes se connaissent depuis plusieurs années, au gré du renforcement des liens entre le PS et le FLN.

Cet article est en accès libre.

De notre envoyée spéciale à Alger

La peinture était encore fraîche. Jusque tard dans la nuit de mercredi, les ouvriers ont repeint les murs le long du parcours officiel. Dans la ville, des drapeaux français et algériens ont été installés sur les lampadaires et les bâtiments publics. Des portraits d’Abdelaziz Bouteflika et de François Hollande ont été accrochés au bord de la route et collés sous les ponts. Pendant plusieurs heures, des milliers d’Algériens, savamment contrôlés et encadrés par de nombreuses forces de sécurité, ont attendu l’imposant cortège. Mercredi, François Hollande a pour la première fois posé le pied sur le sol algérien en tant que président de la République. Et l’Algérie de Bouteflika l’a salué avec un faste démonstratif avant la signature d’une « déclaration d’amitié » entre les deux pays (à lire sous l’onglet Prolonger).

Hollande et Bouteflika mercredi à Alger. © Reuters Hollande et Bouteflika mercredi à Alger. © Reuters

Les autorités algériennes ont donné tous les gages, soigneusement organisé le bain de foule sur le front de mer avec de nombreux groupes de musique traditionnelle, parsemé la visite de cadeaux surprise dont deux pur-sang arabes et leurs « selles de cuir brodé » et une sculpture en « biscuit de porcelaine », offert les bus pour transporter les journalistes... Mardi soir, un dîner a même été offert par le ministère de la communication à la presse française (80 journalistes ont fait le déplacement). « Ils ont mis les moyens », dit un membre de la délégation française.

Bouteflika rêve d’achever son troisième mandat en affichant la paix retrouvée avec l’ancienne puissance coloniale. Quant à François Hollande, au-delà des enjeux cruciaux de mémoire, de géopolitique et de contrats pour les entreprises françaises, cette visite a un goût particulier. Le président français a toujours revendiqué une relation personnelle avec l’Algérie : jeune énarque, il y a effectué un stage de plusieurs mois en 1978 ; responsable politique, il s’y est rendu à deux reprises, en 2006 et en 2010.

À chaque fois, il était accompagné de plusieurs de ses proches d’origine algérienne, comme son ancien chef de cabinet, devenu conseiller à l’Élysée, Faouzi Lamdaoui, le député européen Kader Arif, désormais ministre délégué aux anciens combattants, ou la sénatrice Bariza Khiari. Hollande compte aussi parmi ses amis l’historien Benjamin Stora, spécialiste de l’Algérie, ou l’avocat Jean-Pierre Mignard, directeur de la rédaction de Témoignage chrétien qui fut profondément engagé dans la lutte anticoloniale. Tous ont accompagné cette année le chef de l’État. « François Hollande a un réel tropisme algérien », estime un diplomate de haut rang. 

Les citations de Abdelhamid Si Afif ont été recueillies par mon confrère Matthieu Goar, journaliste à 20 Minutes, mardi à Alger. Jean-Pierre Mignard, cité dans l’article, est aussi l’avocat de Mediapart.
J’ai choisi de ne pas participer au dîner organisé mardi soir à Alger par le ministère de la communication.