Le difficile labeur de Jeremy Corbyn

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Le leader travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a été réélu à la tête de la formation d'opposition avec près de 62% des voix lors de la conférence annuelle de son parti, qui se tient du 25 au 28 septembre. Il peine pourtant à surmonter les dissensions internes et la guérilla politico-médiatique incessante.

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De notre envoyé spécial à Londres (Royaume-Uni). - La scène se passe à l’automne 2014, lors de la réunion annuelle du Socialist Campaign Group, qui rassemble les députés travaillistes britanniques à la gauche du parti et leurs sympathisants. Un des participants raconte : « J’y vais chaque année pour discuter et prendre le pouls de la gauche du Labour. Mais cette année-là, c’était franchement déprimant : il y avait beaucoup moins de monde que d’habitude et l’ambiance était morose. On avait l’impression d’un banquet funéraire. » Quelques mois plus tard, en mai 2015, les travaillistes perdent leur deuxième élection consécutive face à David Cameron, et Ed Miliband, ancien protégé de Gordon Brown et de Tony Blair qui avait (mollement) essayé de faire oublier les années Blair, désormais honnies par une partie des militants de gauche, rend son tablier de leader.