Obama contre la torture: l'honneur d'un journaliste

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Les premiers jours de Barack Obama à la Maison Blanche ne déçoivent pas. Outre son appel téléphonique au chef de l'Autorité palestinienne, suivi de la nomination de George Mitchell comme émissaire pour le Proche-Orient, il a affiché une rupture radicale avec la guerre contre le terrorisme et son cortège de tortures, de prisons secrètes et de violations des conventions internationales. Ce sursaut n'aurait pas été possible sans un journaliste, Seymour Hersh, qui, en 2004, sortit l'opinion américaine de son aveuglement.

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En avril et mai 2004, les enquêtes du journaliste Seymour Hersh pour le New Yorker sur les tortures infligées aux prisonniers de la prison d'Abou Ghraib ont fait le tour du monde et ruiné l'image libératrice que voulaient se donner les Etats-Unis dans leur aventure irakienne. Mais ces révélations ne sont pas venues de nulle part. Elles furent l'apogée d'un travail au long cours commencé dès l'automne 2001 dont, en 2004, son livre Chain of Command, traduit en français sous le titre Dommages collatéraux (Denoël, 2005), dévoila toute l'ampleur et la richesse, travail que « Sy » Hersh ne cessa de poursuivre dans les colonnes de l'hebdomadaire new-yorkais.