En Irak, Bassora crève de soif

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La grande ville du sud de l’Irak est malade de l’eau contaminée, de la misère et d’un sentiment d’abandon. Sa révolte, dirigée aussi contre l’Iran et les puissantes milices, ébranle la classe politique. Le premier ministre Haïder al-Abadi vient d’être exclu de son parti.

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En raison de ses canaux, de ses vieilles maisons, de la richesse de ses négociants et d’une certaine douceur de vivre, Bassora, la seconde ville d’Irak, a longtemps été surnommée « la Venise du Moyen-Orient ». Aujourd’hui, avec des rues transformées en dépôts d’ordures, des rivières à sec, une eau qui n’est plus potable et a rendu malade des dizaines de milliers de personnes, une atmosphère étouffante due à la pollution pétrolière, des coupures d’électricité quinze heures par jour avec une température dépassant les 50 degrés, des services publics quasiment inexistants… « elle est descendue aux enfers » et n’est plus qu’« une immense poubelle à ciel ouvert avec une situation indescriptible », selon les mots de l’anthropologue irakien et chercheur au CNRS Hosham Dawod.