Elections en Palestine : «Le Fatah est mort comme mouvement politique»

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Défaite des principaux candidats du Fatah, visite de l'émir du Qatar à Gaza… La semaine fut rude pour Abbas et l'Autorité palestinienne. Le chercheur Julien Salingue explique pourquoi le Fatah qui, officiellement, vient de gagner les élections municipales, les a en fait perdues, et ce que cela signifie.

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Parti du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le Fatah est sorti vainqueur des élections municipales en Cisjordanie, organisées samedi 20 octobre dans une centaine de villes en Cisjordanie. L'élection s'est faite sans le Hamas, large vainqueur des législatives en 2006, qui dirige la bande de Gaza et boycottait le scrutin. Selon les premiers résultats, les listes « Croissance et indépendance », soutenues par le Fatah, ont ainsi obtenu près de 440 des 1051 sièges à pourvoir. Mais pour le Centre Carter, qui a supervisé toutes les élections palestiniennes depuis 1996, ce scrutin reflète surtout « l’insuffisant pluralisme politique et la compétition limitée ». Chercheur à Paris VIII, Julien Salingue (lire son blog ici) achève une thèse sur la construction du mouvement national palestinien. Il nous explique les raisons de ce paradoxe électoral, quand une victoire se transforme en défaite. Entretien.