Avec le rejet d’un nouvel aéroport à Mexico, López Obrador veut en finir avec le «capitalisme de copinage»

Par diego calmard et clément detry

En décidant de l’arrêt de la construction – déjà lancée – d’un aéroport pharaonique, le président de gauche, qui doit être investi le 1er décembre, a dynamité une longue tradition d’imposition des grands projets d’infrastructures aux populations mexicaines. Il veut aussi donner l'impression d'un autre mode de gouvernance.

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Mexico (Mexique), correspondance.– Un nuage rouge s’élève au-dessus du village de San Salvador Atenco, visible depuis les collines environnantes. Il s’étend le long de la route départementale, en direction des montagnes, vers le site des pyramides de Teotihuacán, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Chaque jour, les sous-traitants du projet de nouvel aéroport international extraient de ces formations géologiques des tonnes de tezontle, une roche volcanique. La population locale est éreintée. La poudre rouge entre dans leur bouche, leurs poumons. Jour après jour, le paysage se détruit.