COR-Les violences électorales ont fait jusqu'à 39 morts au Nigeria

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(Au deuxième paragraphe, bien lire que ces estimations sont inférieures au bilan des violences de 2015.)
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ABUJA (Reuters) - (Au deuxième paragraphe, bien lire que ces estimations sont inférieures au bilan des violences de 2015.)

Les violences qui ont émaillé l'élection présidentielle samedi au Nigeria ont fait jusqu'à 39 morts, selon les bilans établis par des organisations issues de la société civile.

Ces estimations sont inférieures au bilan des violences de la précédente présidentielle, en 2015, qui avaient fait une centaine de morts selon l'International Crisis Group.

Dans un nouveau bilan, Clement Nwankwo, coordinateur du collectif Situation Room qui regroupe plus de 70 associations, a fait état dimanche de 39 morts.

L'Inspecteur général adjoint de la police du Nigeria, Abdulmajid Ali, n'a pas fourni de bilan global. "Nous sommes toujours en train de recenser les incidents qui se sont produits. Nous avons reçu beaucoup de signalements et nous procédons à des investigations", a-t-il dit.

Festus Okoye, de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a signalé pour sa part que plusieurs personnes avaient été tuées dans les Etats de Rivers, Lagos et Oyo (sud) mais n'a pu donner d'estimations chiffrées.

Quelque 70 candidats étaient en lice samedi, mais deux se détachent: le président sortant Muhammadu Buhari, qui brigue à 76 ans et en dépit d'une santé vacillante un second mandat, et l'homme d'affaires Atiku Abubakar, principal candidat de l'opposition et ancien vice-président (1999-2007) âgé de 72 ans.

Les analystes s'attendent à un duel serré entre ces deux hommes, qui se sont tous deux dits confiants dans leurs chances de succès.

Initialement prévue le 16 février, l'élection présidentielle au Nigeria, couplée à des législatives, avait été reportée cinq heures à peine avant l'ouverture prévue des bureaux de vote. La CENI avait expliqué qu'il n'était pas possible d'accueillir les 72,8 millions d'électeurs inscrits dans de bonnes conditions.

Après la fermeture des bureaux de vote, samedi soir, un responsable de la CENI s'est félicité du bon déroulement du scrutin, qui s'est tenu sans incident majeur. "La Commission électorale est globalement satisfaite du processus et du déroulement des élections", a-t-il déclaré.

L'heure de fermeture de certains bureaux a néanmoins été repoussée en raison d'une ouverture tardive. Dans une poignée de bureaux, les opérations de vote ont même repris dimanche.

Le dépouillement a commencé dans plusieurs bureaux, ont constaté des journalistes de Reuters.

Les premiers résultats devraient arriver de manière substantielle à partir de mardi, a dit Festus Okoye, de la CENI.

Pour l'emporter dès le premier tour, le candidat arrivé en tête doit obtenir au moins un quart des voix dans deux tiers des 36 Etats et de la capitale, Abuja. A défait, il y aura un second tour.

Le Nigeria, première puissance économique africaine et principal pays producteur de pétrole du continent, est rongé depuis des décennies par la corruption et l'insécurité, notamment liée à la présence des islamistes de Boko Haram dans le Nord-Est.

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