PS : les “frondeurs” rappelés à l'ordre mais pas sanctionnés

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A l'issue de son bureau national, le parti a fait savoir ce mardi que désormais, il donnerait « ses consignes sur les textes du gouvernement ». Autrement dit, terminé l'« individualisme » que dénonçait plus tôt dans la matinée le président du groupe à l'Assemblée, Bruno Le Roux. Après le débat, les parlementaires seront invités à voter les lois d'une seule voix. Les “frondeurs” du PS, eux, goûtent peu à ce rappel à l'ordre.

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Le Parti socialiste semble traumatisé par le fait que le premier ministre ait été obligé d'invoquer le très controversé article 49-3 de la Constitution pour faire passer en force la loi Macron la semaine dernière.

A l'issue de son bureau national, le parti a ainsi fait savoir ce mardi que désormais, il donnerait « ses consignes sur les textes du gouvernement ». Autrement dit, terminé l'« individualisme » que dénonçait plus tôt dans la matinée le président du groupe à l'Assemblée, Bruno Le Roux. Après le débat, les parlementaires seront invités à voter les lois d'une seule voix. Les “frondeurs” du PS, eux, goûtent peu à ce rappel à l'ordre.

Lundi, le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis avait déjà prévenu qu'il profiterait de cette réunion pour « mettre les points sur les i ». Lors du bureau national (BN) ce mardi, le parti s'est fendu d'une « résolution » pour rappeler à ses parlementaires l'obligation « en toutes circonstances » de « respecter la règle de l'unité de vote de leur groupe ». Un texte voté par 29 voix pour, 9 abstentions et 3 non-participation au vote.

Si cette résolution réaffirme que le PS est « un parti de débat », le texte rappelle à l'ordre les “frondeurs” socialistes qui, pour certains, comptaient voter contre la fameuse loi du ministre de l'économie, Emmanuel Macron. « Le Parti socialiste doit se ressaisir ! » « La cohésion ne se discute pas (...) la souplesse individuelle de l'abstention au parlement est devenue une faiblesse collective. Le manque de respect, de fraternité ou tout simplement de camaraderie a atteint un niveau intolérable », est-il écrit. « Aucun responsable ne peut s’émanciper des statuts et des règles collectives. » Et de prévenir : « Tout manquement aura les conséquences prévues par nos règles internes. » 

Ménageant les susceptibilités, le texte demande toutefois à être davantage entendu sur la loi Macron, estimant que le mémorandum adressé au gouvernement avant l'examen du texte, et dans lequel il préconisait par exemple le chiffre de sept dimanches ouverts aux commerces contre les douze prévus, « n'a pas été étudié comme il aurait dû » et « doit l'être en seconde lecture ».

Enfin, pas de sanction prononcé contre les frondeurs comme le demandaient certains à l'aile droite. « J'ai privilégié le chemin du rassemblement, je suis contre la fragmentation », a expliqué le patron du parti, Jean-Christophe Cambadélis. « Je ne voyais pas, dans le moment, un débat conduisant aux exclusions », a-t-il ajouté, à un mois des élections départementales, où la gauche pourrait perdre 30 à 40 départements. Mais si jamais des députés récidivaient en voulant voter contre un texte de loi, alors « il peut y avoir un certain nombre de mesures qui vont du blâme à l'exclusion », a prévenu le premier secrétaire du parti.

Côté “frondeurs”, on apprécie peu ces recommandations. « Le rôle du Premier ministre n'est pas de se comporter comme un maître d'école qui distribue des bons et des mauvais points », tance Emmanuel Maurel, eurodéputé et conseiller régional d'Ile-de-France. Et d'énumérer des cas où plusieurs députés n'ont pas voté des lois du gouvernement, comme sur la réforme territoriale.

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