Une loi d'amnistie parasite la lutte contre la corruption en Tunisie

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La société civile a entamé un bras de fer avec la présidence de la République, porteuse d’un projet de loi de « réconciliation » qui veut pardonner la plupart des corrompus. Quatre hommes ont toutefois été arrêtés en début de semaine.

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Au détour d’un tunnel à Tunis, on peut encore voir des affiches défraîchies de Mariah Carey datant de 2006. A priori, rien ne relie la chanteuse aux affaires de corruption en Tunisie. Et pourtant, le 4 mars 2017, Imed Trabelsi, neveu de Leïla Trabelsi, femme du dictateur Ben Ali, a été condamné avec d’autres membres du clan Ben Ali à 11 ans de prison dans l’affaire dite « des concerts de Mariah Carey » – une affaire de détournement de fonds. Trois ministres ont été condamnés à six ans de prison ferme, sur la base de l’article 96 du code pénal tunisien qui punit « tout fonctionnaire public ou assimilé, tout directeur, membre ou employé d’une collectivité publique locale (….) qui use de sa qualité et de ce fait, se procure à lui-même ou à un tiers un avantage injustifié ».