Serbie: des élections en forme de plébiscite pour un régime de plus en plus autoritaire

Par Jean-Arnault Dérens et Simon Rico

C'est un scrutin en forme de plébiscite pour Aleksandar Vučić, le tout-puissant premier ministre de Serbie. Son parti a, de nouveau, frôlé la majorité absolue aux élections générales de dimanche, au risque d'accélérer la dérive autoritaire du pays. Avec la bénédiction de l'Union européenne.

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Achats de voix massifs, transport obligatoire aux meetings géants du premier ministre, fonctionnaires menacés de perdre leur emploi s’ils ne votaient pas pour le « bon camp », le régime de Belgrade n’avait oublié aucune des bonnes « vieilles recettes » pour garantir son triomphe dimanche. En Voïvodine, les voix s’achetaient pour 2 à 3 000 dinars (18 à 25 euros) dans les quartiers roms de Novi Sad. « Les méthodes d’Aleksandar Vučić rappellent celles de Nikola Gruevski en Macédoine ou de Viktor Orbán en Hongrie », estime Rasa Nedeljkov, du Centre pour la transparence et la responsabilité (CRTA). Pourtant, l’OSCE n’avait déployé que dix experts internationaux et douze observateurs pour suivre ce scrutin.