Menacé sous Bolsonaro, un député brésilien gay choisit l’exil

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Jean Wyllys, représentant de Rio de Janeiro et figure de la lutte pour les droits des minorités sexuelles, renonce à son mandat et à son pays, craignant pour sa vie.

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L’affaire fait grand bruit au Brésil, et c’est Le Monde qui en France s’en fait l’écho : « L’annonce du départ en exil du député de Rio de Janeiro Jean Wyllys pour “sauver sa vie” a terrifié bien des militants brésiliens des droits de l’homme. C’est par la presse et depuis l’étranger que le député, figure du mouvement LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), a annoncé qu’il ne rentrait pas dans son pays pour les “quatre prochaines années”, le temps du mandat du nouveau président, en raison des menaces de mort qu’il ne cesse de recevoir. “Pendant la campagne électorale, il y a eu au moins quatre morts LGBT par jour, et l’État ne reconnaissait toujours pas une violence homophobe. J’ai été particulièrement attaqué à cause des “fake news” lancées par le président, à tel point qu’une juge de Rio a pu suggérer, sur un groupe Facebook, mon exécution, sans que cela ne choque”, a-t-il expliqué, jeudi 24 janvier, au journal Folha de S. Paulo. »

Jean Wyllys, 44 ans, qui devait débuter son troisième mandat le 1er février, est le premier député ouvertement gay à avoir été élu au Parlement fédéral, raconte Le Monde, qui ajoute : « Durant la campagne présidentielle, le nom de Wyllys revient régulièrement dans la bouche du futur président. Selon Jair Bolsonaro, le député est le responsable, aux côtés du candidat de la gauche Fernando Haddad, alors ministre de l’éducation, de l’élaboration de ce qu’il nomme comme un “kit gay” : un manuel d’éducation contre l’homophobie qui n’a en réalité jamais vu le jour, mais qui selon ses dires “encourage l’homosexualité chez les élèves”. Sur les réseaux sociaux, Jean Wyllys devient un “pédophile à abattre”. “Même si j’ai déjà gagné cinq procès en diffamation durant cette campagne, ils ne répareront jamais les dégâts provoqués en détruisant ma réputation”, a-t-il expliqué dans ce même entretien avec la Folha de S. Paulo. C’est désormais sa vie qui est en jeu. En mars 2018, Jean Wyllys reçoit des menaces très claires : “tu es le prochain” – juste après le meurtre de sa collègue de parti et amie, Marielle Franco. »

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