Barroso et l'austérité: des aménagements certes, mais pas de changement de cap

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Le patron de la commission européenne a évoqué les «limites» des politiques d'austérité en Europe. S'agit-il pour autant d'un demi-tour ? Sans doute Barroso va-t-il lâcher un peu de lest sur le calendrier de réduction des déficits, mais les pressions sur les réformes structurelles risquent de s'intensifier.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles

Il a fallu attendre ce lundi 22 avril pour que José Manuel Barroso, trois ans après l'éclatement de la crise des dettes en Europe, évoque les « limites » des politiques d'austérité. Le patron de la commission s'est expliqué : « Le succès (de ces politiques) ne dépend pas uniquement de la manière dont elles sont conçues. Il doit y avoir un minimum de soutien politique et social. »

D'emblée, la sortie du Portugais a fait les grands titres de la presse internationale, prompte à y voir un changement de cap de Bruxelles. Les socialistes du parlement européen'ont pas tardé à ironiser sur la soudaine « sortie de coma » du président de la commission. Mardi, à la Une du quotidien portug nais I (marqué à droite), on a vu un Barroso «indigné», pancarte à la main, sur laquelle on lisait : « Que la Troïka aille se faire foutre ! »
                               
En déplacement aux États-Unis en début de semaine, Olli Rehn, le très rigoureux commissaire européen aux affaires économiques, a lui aussi adouci son discours, emboîtant le pas de son patron. « La consolidation budgétaire reste nécessaire, mais son rythme est en train de ralentir, en 2013, par rapport à 2012 », a-t-il ainsi affirmé lors d'un passage lundi à New York, manière de répondre à l'administration Obama comme au FMI, qui exhortent les Européens à en finir au plus vite avec le rigueur budgétaire.  

L'austère commission européenne serait devenue d'un coup rebelle et keynésienne ? Dans les scénarios de films, cela s'appelle un twist : une inversion des discours, qui surprend le spectateur, et relance l'intérêt pour l'histoire. Mais la prise de position de José Manuel Barroso, au-delà de l'emballement médiatique, marque-t-elle une véritable rupture, de nature à relancer la machine européenne mal en point ?