Venezuela: Les Etats-Unis sanctionnent la compagnie pétrolière PDVSA

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L'administration américaine a imposé lundi de lourdes sanctions à la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA pour faire pression sur le président Nicolas Maduro.
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CARACAS/WASHINGTON (Reuters) - L'administration américaine a imposé lundi de lourdes sanctions à la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA pour faire pression sur le président Nicolas Maduro.

Il s'agit des mesures de rétorsion les plus vigoureuses à ce jour de la part des Etats-Unis, qui ont reconnu la semaine dernière la légitimité de Juan Guaido, chef de file de l'opposition et président de l'Assemblée, lorsqu'il s'est proclamé chef de l'Etat par intérim.

"Nous continuons à dénoncer la corruption du président vénézuélien Nicolas Maduro et de ses acolytes, et les mesures prises aujourd'hui garantissent qu'ils ne pourront plus piller les revenus du peuple vénézuélien", a déclaré John Bolton, conseiller à la Sécurité nationale, lors d'un point de presse à la Maison Blanche.

Première source de revenus du Venezuela, PDVSA possède le raffineur américain Citgo Petroleum, qui est l'actif étranger le plus important du pays.

Selon John Bolton, sept milliards de dollars d'actifs de la firme vont être gelés et elle sera privée de "plus de 11 milliards de dollars de recettes d'exportation dans l'année qui vient".

Donald Trump, qui craignait d'accroître les difficultés des Vénézuéliens et de nuire aux entreprises comme aux consommateurs américains, semblait hésiter jusqu'ici à s'en prendre au secteur pétrolier.

Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a précisé que Citgo pourrait continuer à exercer aux Etats-Unis à condition que ses revenus soient versés sur un compte bloqué et a assuré que les mesures à l'encontre de PDVSA seraient sans conséquences sur les tarifs des carburants.

L'ARMÉE CONSCIENTE DE LA SITUATION, SELON BOLTON

Juan Guaido a obtenu l'appui d'une bonne part de la communauté internationale. La France, l'Espagne et l'Allemagne ont donné jusqu'au 3 février à Maduro pour annoncer la tenue de nouvelles élections faute de quoi elles reconnaîtront la légitimité du chef de file de l'opposition en tant que président par intérim.

Le président vénézuélien a pour sa part obtenu l'appui de la Russie et de la Chine, et s'est affiché ce week-end au côté des forces armées.

"Notre évaluation, établie à l'aide de nombreux contacts sur le terrain, est que la base de l'armée vénézuélienne est parfaitement consciente de la situation économique désespérée du pays et qu'ils cherchent des moyens de soutenir le gouvernement de l'Assemblée nationale", a commenté John Bolton.

Les 14 Etats membres du groupe de Lima, qui dans leur grande majorité, ont apporté leur soutien à Guaido se réuniront le 4 février à Ottawa pour évoquer la crise, a annoncé lundi la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

Accusé par Maduro d'avoir commis un coup d'Etat ourdi par les Etats-Unis, Guaido a appelé les partisans de l'opposition à redescendre dans les rues mercredi. "Nous devons rester unis comme agents actifs du changement à chaque coin de rue", a-t-il dit lundi.

Il dit par ailleurs dans un communiqué avoir ordonné au Congrès de doter PDVSA d'un nouveau directoire.

Juan Guaido avait mis à profit le précédent grand rassemblement, mercredi dernier, pour défier Maduro et se proclamer président par intérim en promettant de mettre en place un gouvernement de transition et d'organiser des élections véritablement libres et démocratiques.

Il a proposé une amnistie aux membres des forces de l'ordre dans l'espoir de les rallier à sa cause.

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