Cancún: la solution climatique est ailleurs

Par

Une nouvelle conférence de l'ONU sur le climat s'ouvre au Mexique lundi 29 novembre. Mais le scepticisme grandit sur l'efficacité de telles négociations internationales pour endiguer le réchauffement climatique. Un an après l'échec du sommet de Copenhague, la pensée du climat se recompose aussi avec des expériences innovantes que nous recensons dans une carte du «big bang climatique».

Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Pas de cravate, pas de veste. Et des robes traditionnelles en coton pour les femmes. Le dress code officiel de la seizième conférence de l'ONU sur le climat (la conférence des parties, dite « Cop 16 ») qui s'ouvre lundi 29 novembre à Cancún, au Mexique, annonce la couleur: allègement vestimentaire – pour économiser en climatisation – et ambitions modestes.

Un an après l'échec du sommet de Copenhague (voir ici et ici, et ici), la réunion s'ouvre dans une ambiance radicalement différente: pas d'accord global en vue, au mieux une bonne réunion d'étape et des décisions transitoires, au pire l'absence de tout, même d'avancées techniques... Diplomates, dirigeants politiques, ONG s'accordent à dégonfler autant qu'ils le peuvent l'enjeu et les attentes de l'étape mexicaine.

Malgré quatre réunions préparatoires cette année (voir ici, ici, ici, et ici), les progrès diplomatiques furent rares: un peu sur les forêts (voir ici), un peu sur les financements (voir ici), et un tout petit peu encore sur la deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto, puisque, pour la première fois, l'Union européenne en a officiellement accepté le principe (mais sous condition, voir ici la conclusion du conseil européen d'octobre).

Après le succès des républicains aux élections américaines de mi-mandat, la perspective d'une loi établissant un marché du carbone pour réduire les émissions est écartée aux Etats-Unis jusqu'à la fin de la présidence Obama. Les pays sud-américains réunis autour du Venezuela et de la Bolivie refusent de signer l'accord de Copenhague, si bien que son sort juridique n'est toujours pas réglé. Au nom de la protection de leur souveraineté, les grands émergents résistent aux mécanismes internationaux de vérification de l'efficacité écologique de leurs politiques nationales (voir ici). Quant à la Chine, elle refuse de prendre le leadership de la diplomatie du climat. «Je ne vais pas sous-estimer les vides politiques qui restent à combler», a reconnu Christiana Figueres, la secrétaire générale de la convention de l'ONU sur le climat (voir ici).

Avec l'ouverture de la Cop 16 de Cancún, les observateurs vont retrouver deux principaux textes de négociation, concernant le protocole de Kyoto (ici) et les Etats reconnaissant la convention sur le climat (ici), qui ont recommencé à s'allonger au rythme des désaccords. Tout un monde de tensions, de susceptibilités, de nationalismes tribuniciens et d'apostrophes catastrophées. Le spectacle des désaccords internationaux sur le climat.

Et pourtant, la vraie crise est ailleurs.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale

Découvrez dans la dernière page de cet article la carte des alternatives climatiques. Elle n'est pas exhaustive: merci d'avance de vos ajouts et suggestions.