Alger impose au pouvoir un grand festin démocratique

Par Lofti Barkati

Alors que d’immenses manifestations sont à nouveau organisées vendredi 29 mars dans le pays, les Algérois mangent, pensent et respirent politique. Dans la frénésie s’inventent de nouvelles mobilisations et s’étudient des scénarios de transition face à un pouvoir désintégré qui n’a plus que l’armée pour s’opposer à une société déterminée à conquérir la démocratie.

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Alger, correspondance.– Alger tout entière s’est invitée au grand banquet de la politique. C’est un festin ininterrompu. Les desserts à peine achevés, revoilà hors-d’œuvre, entrées suivies d’énormes plats. Rôties sur la place publique, les figures du pouvoir sont aussitôt dévorées dans les chants, les rires et les slogans. Les Algérois mangent, pensent et respirent politique. « Il m’arrive d’en rêver ou de me réveiller la nuit pour regarder les réseaux sociaux. Je n’arrive plus à travailler, ou je fais semblant », dit Sinja, une jeune femme qui multiplie les missions dans la communication et la publicité.