La sanglante année de plomb des journalistes mexicains

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Les 25 et 29 mai, deux journalistes ont été tués au Mexique, ce qui porte à dix-huit le nombre de journalistes assassinés depuis janvier 2017, un dix-neuvième est porté disparu. À la veille des élections présidentielle et législatives, le pouvoir du président sortant Enrique Peña Nieto est tenu pour responsable de l’impunité des crimes qui ont frappé les médias.

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« Ils ont tué Miroslava pour sa “langue bien pendue”. Qu’ils nous tuent tous si c’est la condamnation à mort pour rapporter cet enfer », écrivait le journaliste Javier Valdez, le 25 mars 2017, sur son compte Twitter, deux jours après l’exécution de Miroslava Breach, correspondante de la Jornada, à Chihuaha, par huit balles de 9 mm. Comme si son injonction avait été entendue, Javier Valdez, correspondant de la Jornada et de l’AFP durant dix ans, auteur de plusieurs livres sur le narcotrafic, est tombé à son tour sous les balles à Sinaloa, le 15 mai 2017. Depuis le mois de janvier 2017, dix-huit journalistes ont été assassinés au Mexique, tandis qu’un dix-neuvième est porté disparu. Le 15 mai dernier, le jour anniversaire de la mort de Valdez, Juan Carlos Huerta Martínez, de Panorama sin reserva, a été tué par balles à Tabasco. Vendredi 25 mai, Alicia Díaz González, journaliste à El Financiero, a été assassinée à son domicile de Nuevo León. Mardi 29 mai, Héctor González Antonio, correspondant du journal Excélsior, a été retrouvé mort et roué de coups dans la rue, à Estrella de Ciudad Victoria, à Tamaulipas.