Le discret pantouflage des anciens de la commission Barroso

Pas moins de neuf ex-commissaires, partis à l’automne 2014, ont déjà rejoint le secteur privé à des postes de premier plan, selon une étude publiée par une ONG bruxelloise. L’affaire relance le vieux débat concernant l’emprise de l’industrie privée sur le processus de décision à Bruxelles.

La lecture des articles est réservée aux abonné·es. Se connecter

De notre envoyé spécial à Bruxelles. La pratique est aussi vieille que l’Union européenne, et n’épargne aucune institution bruxelloise. À l’été 2014, le cas Sharon Bowles avait relancé la polémique : l’ancienne eurodéputée britannique, qui avait dirigé la commission parlementaire des affaires économiques et monétaires tout au long de la crise financière, a accepté… un poste à la City, auprès de la Bourse de Londres. Cette ancienne élue libérale a pu mettre à disposition de la City, sans aucune période de transition, le précieux carnet d’adresses qu’elle s’était constitué au fil des années grâce au parlement de Strasbourg.
Une étude publiée cette semaine par l’ONG bruxelloise CEO fournit la première étude d’ampleur sur la reconversion de ceux qui furent commissaires européens sous le deuxième mandat du Portugais José Manuel Barroso, jusqu’à l’été 2014. La conclusion n’est pas réjouissante : malgré les promesses formulées par Barroso lui-même durant son second mandat, la pratique des « revolving doors » – ces portes tournantes entre le public et le privé – reste massive. Quant au comité d'éthique chargé par l’exécutif bruxellois de veiller aux conflits d’intérêts, son rôle semble proche du néant.

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là

Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Aujourd’hui sur Mediapart

Violences sexistes et sexuelles — Enquête
par Sophie Boutboul et Lénaïg Bredoux
Asie et Océanie — Analyse
par François Bougon
À l’air libre
par À l’air libre
Transparence et probité — Enquête
par Martine Orange
Voir la Une du Journal

À ne pas manquer

À Saint-Étienne, le maire, la sextape et le chantage politique
Un magistrat ordonne la censure préalable d’une enquête de Mediapart
Saisi par l’avocat de Gaël Perdriau, le président du tribunal judiciaire de Paris a fait injonction à Mediapart de ne pas publier de nouvelles révélations sur les pratiques politiques du maire de Saint-Étienne, après celles du chantage à la sextape. Cette censure préalable, décidée sans débat contradictoire, est une attaque sans précédent contre la liberté de la presse.
par Edwy Plenel
Climat — Analyse
Jets de peinture et de soupe sur les œuvres d’art : « Ça vous choque ? Tant mieux ! »
Statue aspergée de peinture ce vendredi à Paris, jets de soupe et collages de mains ou de visages sur des tableaux : depuis des mois, des activistes du climat perturbent les grands musées internationaux. Est-ce si ridicule, alors que les gouvernements continuent d’échouer à mener les politiques nécessaires ?
par Jade Lindgaard
Protection de l’enfance : une mission sacrifiée — Enquête
Enfants maltraités mais obligés de patienter : les sacrifiés de la République
Bien que la justice ait identifié un danger au sein de leur famille, des centaines d’enfants sont laissés sans protection, à cause d’une pénurie de personnel et de places en foyer. Un phénomène dont les pouvoirs publics ignorent eux-mêmes l’ampleur. Mediapart a mené l’enquête pour la Journée internationale des droits de l’enfant, ce 20 novembre.
par Hugo Lemonier
Numérique — Analyse
Les géants du numérique redescendent sur terre
Pour la première fois, Google, Amazon, Facebook et consorts se heurtent au mur de la réalité. Confrontés à un retournement économique, leur réponse est semblable à celle des acteurs de l’économie traditionnelle : des licenciements massifs pour diminuer les coûts et plaire aux financiers. 
par Martine Orange