Mouloud Mammeri, l'insoumis oublié

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L'écrivain et anthropologue algérien Mouloud Mammeri, qui a tant œuvré pour la reconnaissance de la culture et de l'identité berbères, était au centre d'un colloque à la Sorbonne. Entretien avec la spécialiste du monde berbère Tassadit Yacine, qui l'a bien connu.

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Les autorités algériennes dédient cette année le Salon du livre d’Alger, l’un des événements culturels les plus importants d’Afrique et du monde arabe, à la figure emblématique de Mouloud Mammeri dont on fête le centenaire de la naissance (le 28 décembre 1917 à Taourirt Mimoun, dans la wilaya de Tizi-Ouzou au nord du pays). Pourtant, l’écrivain-poète-conteur et anthropologue kabyle, qui a tant fait pour la défense de la cause berbère, n’a jamais été dans les petits papiers du régime algérien. Même mort (en 1989), celui qui fut l’un des pionniers de la littérature algérienne d’expression française du milieu du siècle dernier continue de déranger. « Je crains que ce centenaire machin ne soit de la poudre aux yeux. Cet été, un éditeur berbère a voulu organiser une signature dans une petite ville près de Béjaïa. Ce fut interdit car c’était une manifestation promouvant l’identité berbère ! », confie Tassadit Yacine, spécialiste du monde berbère, elle-même kabyle.