Militer autrement: Mathieu, ex-militant PS, «se trouve mieux» au Secours populaire

Par

Mathieu Delorme, 28 ans, est diplômé de sciences politiques et au chômage depuis son arrivée à Rennes. Ancien militant PS, il milite aujourd’hui au Secours populaire. « J'avais du temps à donner », mais au Parti socialiste, à part « une réunion mensuelle et quelques tracts à distribuer », il n'avait pas grand-chose à faire. Lui a besoin de donner « plus de sens à l'action ». Solidarité, accompagnement, lien social sont des engagements qu'il partage avec l'association caritative.

Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner
  1. Mars 2016, à Rennes. « Ma génération a le sentiment très fort que la politique ne peut plus rien, explique Mathieu Delorme. Je le sens bien lorsque j’en discute avec des amis. Du coup, il me semble que les gens s’investissent beaucoup plus dans des actions locales et dans la société civile. C’est là que se crée le lien. Au Secours populaire, on essaie de donner la parole aux personnes aidées et aux bénévoles par des cahiers de doléances, des murs d’expression, etc. À Rennes, on a mis en place un “arbre d’expression” où l’on incite les gens à nous laisser un petit mot, un retour d’expérience, etc. »

    Dans la vidéo ci-dessous, Mathieu Delorme raconte son parcours de militant.

    © Patrick Artinian

  2. Au Secours populaire de Rennes, mars 2016.

  3. Mars 2016, à Rennes. Du temps où il était à Lyon, Mathieu Delorme participait « aux campagnes électorales avec le PS et cette action collective était vraiment intéressante. Mais en dehors des temps électoraux, je n’ai pas retrouvé cette mobilisation intellectuelle et active et c’est ce que j’ai retrouvé au Secours populaire. Petit à petit, l’association a pris plus de place et plus de sens dans ma vie et de loin en loin, le Parti socialiste n’a plus existé. À force de non-renouvellement, j’ai été radié ».

  4. Mars 2016, à Rennes. « Quand j’étais enfant, explique Mathieu Delorme, mes parents étaient famille d’accueil vacances du Secours populaire, et durant plusieurs années, nous sommes partis en vacances avec une jeune fille issue d’un quartier défavorisé. C’est ce qui m’est remonté au moment de démarcher une association, je me suis dit : tiens, je connais le Secours populaire. »

  5. Mars 2016, à Rennes. « Ici, le Secours populaire est une association qui compte plus de 150 bénévoles qui se relaient toute la semaine. 95 % des bénévoles sont des retraités et c’est vrai qu’il peut y avoir un décalage avec une génération plus jeune… Mais ce n’est pas parce que la population est vieillissante qu’elle n’est pas dynamique. Certains sont parfois attachés à des principes ou souhaitent continuer à pratiquer la solidarité comme autrefois. Par exemple : “Il ne faut surtout pas demander d’argent à nos donateurs” parce qu’il ne faut pas trop parler d’argent. Mais c’est ce dont on a besoin, c’est ce qui nous permet de pratiquer la solidarité ! »

  6. Mars 2016, à Rennes.

  7. Mars 2016, à Rennes. « Je ne veux pas d’une société du repli sur soi. La solidarité, je la vis au quotidien, avec les voisins, les amis, tout autant qu’au Secours populaire. »


  8. Dans les locaux du Secours populaire de Rennes, mars 2016. « Bien sûr, mon premier objectif est de trouver du travail, pas d’être bénévole toute ma vie, précise Mathieu Delorme. Mais lorsque j’explique à mes amis, à ma famille que ce que je fais au Secours populaire m’enrichit, m’apporte quelque chose de plus, ce n’est pas entendu comme tel parce que ce n’est pas un métier, ce n’est pas rémunéré. Par cet engagement, je combats aussi mon isolement de chômeur, mais forcément, j’aimerais à la fois travailler et donner du temps au Secours populaire. »

    • Nos deux précédents portraits :

    Cécile et ses batailles pour le climat est ici et
    Daniel, agent immobilier « équitable » est là.

Voir tous les portfolios

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale