Journaliste au pôle politique, je chronique le second quinquennat d'Emmanuel Macron.
Déclaration d’intérêts
Par souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, les journalistes de Mediapart remplissent et rendent publique depuis 2018 une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle remplie par les parlementaires et les hauts-fonctionnaires auprès de la Haute autorité de la transparence et de la vie publique (HATVP), instance créée en 2014 après les révélations de Mediapart sur l’affaire Cahuzac.
Bruno Retailleau a quitté le gouvernement, Boualem Sansal est libre, et l’horizon diplomatique entre Paris et Alger semble s’éclaircir. Côté français, la reprise en main du dossier par Matignon, le ministre de l’intérieur et le patron de la DGSE nourrit l’espoir d’un réchauffement.
Réunis vendredi 7 et samedi 8 novembre, militants, élus et intellectuels issus des quartiers populaires ont convergé sur l’importance du scrutin de mars 2026. L’urgence est à « construire des bastions » face à l’extrême droite autant qu’à offrir un débouché aux luttes menées depuis quarante ans. Avec ou sans les partis de gauche.
Le soulèvement des quartiers populaires, à l’automne 2005, avait mis pour un temps le sort des banlieues à l’agenda des partis politiques français. Vingt ans plus tard, l’extrême-droitisation du débat a réduit le sujet à une question identitaire et sécuritaire.
Procès en trahison du reste de la gauche, difficile chemin de la suspension de la réforme des retraites, risque de renforcer l’extrême droite : quelques jours après le choix de la non-censure, le premier secrétaire du Parti socialiste s’explique sur le « pari » de son mouvement.
Les numéros deux des partis Horizons et Les Républicains ont appelé à censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu, accusé de « capitulation » face au Parti socialiste. À l’Assemblée nationale, la révolte est plus discrète : la droite s’y montre plutôt soulagée d’avoir évité une dissolution.
Le premier ministre a recueilli les applaudissements du Parti socialiste en annonçant, lors de sa déclaration de politique générale, que la réforme tant décriée serait suspendue jusqu’à la présidentielle. À l’Assemblée nationale, le soulagement l’a emporté du PS à la droite Les Républicains : la voie de la non-censure est désormais ouverte.
Menacé de censure, Sébastien Lecornu, qui prononce mardi son discours de politique générale, croit en ses chances de tenir. Après des semaines de négociations, le premier ministre a réussi à obtenir la bienveillance de la CFDT et de l’aile sociale-démocrate du PS. De là à convaincre tout le groupe socialiste ?
Une semaine après une première tentative avortée, Emmanuel Macron a nommé une équipe où ses soutiens ont une fois encore la part belle. Bruno Retailleau et Manuel Valls quittent le gouvernement, Rachida Dati et Gérald Darmanin restent, quelques hauts fonctionnaires et patrons font leur entrée. Mais pour combien de temps ?
La reconduction de Sébastien Lecornu à Matignon, cinq jours après sa démission, est stupéfiante parce qu’insensée. Le président de la République a définitivement renoncé à aligner ses décisions sur les aspirations populaires. Seule compte à présent la conservation du pouvoir.
Les appels à la démission du président de la République se multiplient et sont désormais exprimés par certains de ses alliés politiques. Depuis un an, rares sont ceux, au sein du camp présidentiel, à savoir expliquer les choix du chef de l’État. Encore plus rares sont ceux à échanger avec lui pour tenter de les comprendre.
L’appel d’Élisabeth Borne à suspendre la réforme des retraites a déclenché un débat houleux dans la boucle interne des députés macronistes. Entre ceux qui veulent à tout prix convaincre le PS pour éviter la dissolution et ceux qui appellent à ne pas « mettre les deux genoux à terre », c’est la bataille de l’après-Lecornu qui se joue.
Quelques heures après la démission du gouvernement, le président de la République a accordé à Sébastien Lecornu deux jours supplémentaires pour mener d’« ultimes négociations » avec la droite et offrir un nouveau sursis à l’exécutif. Déjà, la dissolution de l’Assemblée nationale est dans tous les esprits.