Journaliste au pôle politique, je chronique le second quinquennat d'Emmanuel Macron.
Déclaration d’intérêts
Par souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, les journalistes de Mediapart remplissent et rendent publique depuis 2018 une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle remplie par les parlementaires et les hauts-fonctionnaires auprès de la Haute autorité de la transparence et de la vie publique (HATVP), instance créée en 2014 après les révélations de Mediapart sur l’affaire Cahuzac.
Les critiques, nombreuses, n’ont rien changé à la conviction du premier ministre : à ses yeux, son plan d’économies est d’une ampleur historique. Reste à trouver une majorité, ce qui n’est pas une mince affaire au regard de la casse sociale annoncée. Les grandes manœuvres commencent.
L’exécutif n’a pas encore décidé s’il se prononcerait, mardi 15 juillet à Bruxelles, en faveur d’une suspension de l’accord qui lie l’Union européenne à Israël. Faute d’une unanimité illusoire, des voix poussent déjà la France à agir seule et à sanctionner le gouvernement Nétanyahou.
Les signes de perte d’influence diplomatique de la France se multiplient, de l’Algérie à l’Ukraine, de Gaza au Congo. Un effacement contesté par l’exécutif, qui reconnaît du bout des lèvres que la diplomatie à la sauce Trump rebat les cartes internationales. Mais c’est aussi le style Macron qui est en cause.
À dix jours des annonces budgétaires du premier ministre, l’exécutif paraît plus que jamais en fin de course. La ministre de l’écologie accuse son collègue de l’intérieur de « courir derrière le RN », Macron appelle Bayrou à « diriger son gouvernement », et les oppositions menacent d’une censure à la rentrée.
Réforme de l’audiovisuel public, examen de la loi « Paris-Lyon-Marseille », démêlés judiciaires… Les dix prochains jours seront décisifs pour la ministre de la culture dans sa volonté de conquérir Paris. Une candidature aussi évidente que redoutée dans son propre camp politique, où sa façon de faire divise.
« Que fait la France pour arrêter Nétanyahou ? », a dénoncé en substance la gauche mercredi, lors d’un débat organisé à la demande du groupe insoumis. Face à François Bayrou, la droite et l’extrême droite ont poussé pour un soutien total à Israël et aux États-Unis. Une rhétorique atlantiste à l’arrière-goût de guerre des civilisations.
Procès en antisémitisme, appels à la dissolution, commission d’enquête : les critiques à l’égard de LFI ont pris une ampleur inédite depuis quelque temps. Le mouvement vit désormais à la marge du débat politique, comme le Parti communiste au siècle dernier. Un « chiffon rouge » très stratégique, reconnaît-on à droite.
Le premier ministre et le président du groupe MoDem à l’Assemblée ont tous les deux menacé de ne pas soutenir la candidature aux municipales à Lille de la députée Violette Spillebout. La raison : celle-ci se serait montrée trop offensive dans le dossier Bétharram.
La guerre déclarée à l’Iran par Benyamin Nétanyahou a tout changé pour la diplomatie française. La conférence de New York a été reportée et la reconnaissance de l’État de Palestine paraît loin. Paris est revenu au premier rang des soutiens à Israël.
Accusé par la gauche de passivité après l’interpellation de militants français au large de Gaza, le gouvernement a illustré l’entre-deux qui le caractérise dans le conflit au Proche-Orient. L’exécutif a accordé la protection consulaire aux personnes retenues en Israël, tout en reprochant aux Insoumis de faire du « buzz ».
Le Comité interministériel des villes, dédié aux quartiers prioritaires, s’est tenu vendredi 6 juin à Montpellier, en présence d’une partie du gouvernement et sous l’égide du premier ministre. Sans argent et sans idées neuves, la réunion a échoué à convaincre acteurs et actrices des quartiers populaires.
Le président de la République est silencieux depuis l’attentat raciste perpétré dans le Var le 31 mai. Un mutisme révélateur de sa propre incapacité à combattre le fléau de la xénophobie. Mais en a-t-il seulement la volonté ?