Journaliste au pôle politique, je chronique le second quinquennat d'Emmanuel Macron.
Déclaration d’intérêts
Par souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, les journalistes de Mediapart remplissent et rendent publique depuis 2018 une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle remplie par les parlementaires et les hauts-fonctionnaires auprès de la Haute autorité de la transparence et de la vie publique (HATVP), instance créée en 2014 après les révélations de Mediapart sur l’affaire Cahuzac.
Le premier ministre a de nouveau affirmé, mardi 18 février, qu’il ne savait rien des accusations de violences sexuelles qui pesaient sur Notre-Dame-de-Bétharram. Il tente désormais de détourner l’attention sur la gauche, au pouvoir en 1997. Dans le camp présidentiel, la fébrilité grandit à mesure que l’affaire prend de l’ampleur.
Un rapport, rendu public mardi, presse l’État d’enclencher un troisième grand plan de rénovation des quartiers populaires. Le gouvernement a reçu le rapport mais a décidé… de ne rien en faire pour le moment.
Soutenu par la mairie, le projet d’extension de l’institut religieux bute depuis six ans sur l’opposition farouche de la préfecture. L’affaire est suivie de près par le préfet, un proche de Gérald Darmanin, et par les médias du groupe Bolloré.
Ulcérés par l’idée d’envoyer un « intime » d’Emmanuel Macron à la tête de l’institution, certains parlementaires cherchent à lui barrer la route. L’offensive gagne les rangs de la droite sénatoriale et s’étend même chez les députés macronistes, où l’ancien président de l’Assemblée nationale n’a pas laissé que de bons souvenirs.
À la veille d’un sommet international qu’il a personnellement coordonné, le chef de l’État tente de faire de la France une nation qui compte dans le domaine. Quitte à ignorer les appels à une régulation plus forte et à épouser la rhétorique de Mistral AI, leader français avec lequel il entretient des liens étroits.
Le budget 2025 a suscité la colère des élus et associations, qui déplorent la diète imposée à la politique de la ville. Muet sur le sujet, le nouveau premier ministre est pressé d’agir. L’avenir de la rénovation urbaine, menacée d’extinction, est l’urgence principale.
La campagne pour occuper le siège de député abandonné par Stéphane Séjourné a viré à la grande division à droite. Dans ce bastion imprenable, l’heure est à se compter pour les quatre candidats, à deux ans de la présidentielle… et à un an de l’élection municipale.
Le premier ministre a dénoncé, lundi sur LCI, le « sentiment de submersion » généré par l’immigration. Le propos, qu’il a assumé mardi, raconte la dérive morale d’un pouvoir à la roue de l’extrême droite. Et pose la question de la censure par la gauche socialiste.
Indigné par les coupes budgétaires massives décidées par le gouvernement, le Parti socialiste fait à nouveau planer le risque d’une censure. Dans le camp présidentiel, on se désole de la fragilité de l’accord proposé par François Bayrou… tout en doutant de la capacité du PS d’exécuter ses menaces.
En proposant une coupe supplémentaire dans le budget du ministère des sports, l’exécutif s’est attiré les foudres des athlètes et des fédérations. L’amendement a été refusé par le Sénat mais le débat n’est pas clos, entre pressions de Bercy et hésitations de Matignon… Emmanuel Macron souhaite même s’en mêler.
Le ministre de l’intérieur pousse l’Élysée à prendre des mesures de rétorsion contre l’Algérie, qu’il sait populaires dans l’électorat de droite. Au sommet de l’État, plusieurs voix alertent sur le danger d’une rupture avec Alger et tentent de maintenir le contact. Tiraillé, Emmanuel Macron doit trancher.
La déclaration de politique générale du premier ministre n’a rien résolu de l’ornière politique du moment. Toujours minoritaire, l’exécutif a refusé d’offrir au PS la suspension de la réforme des retraites qu’il réclamait. Au risque de dépendre, comme Michel Barnier avant lui, du bon vouloir de l’extrême droite.