Journaliste au pôle politique, je chronique le second quinquennat d'Emmanuel Macron.
Déclaration d’intérêts
Par souci de transparence vis-à-vis de ses lecteurs, les journalistes de Mediapart remplissent et rendent publique depuis 2018 une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle remplie par les parlementaires et les hauts-fonctionnaires auprès de la Haute autorité de la transparence et de la vie publique (HATVP), instance créée en 2014 après les révélations de Mediapart sur l’affaire Cahuzac.
À la veille de la déclaration de politique générale du premier ministre, le Parti socialiste pense pouvoir obtenir une suspension de la réforme des retraites en échange d’une non-censure du gouvernement. Emmanuel Macron et François Bayrou entretiennent le flou quant à leurs intentions.
Les propos du président de la République, qui a reproché à plusieurs pays africains d’avoir « oublié de dire merci » à la France, ont suscité la colère du Tchad et du Sénégal. Les dirigeants de ces deux États ont pointé les relents colonialistes de leur homologue français, devenu coutumier du fait.
Le premier ministre a conservé la moitié du gouvernement Barnier, pourtant censuré. Le reste est essentiellement constitué de revenants des trois derniers quinquennats, à l’image de Manuel Valls nommé aux outre-mer. Un exécutif toujours minoritaire et soumis au bon vouloir du RN, qui a déjà obtenu la tête de Xavier Bertrand.
Après une première semaine chaotique, le nouveau premier ministre n’est toujours pas en mesure de présenter un gouvernement. Même s’il y arrive « avant Noël », le centriste n’aura rien réglé de son principal problème : la motion de censure qui se profile début 2025 et qui pourrait, déjà, le faire démissionner.
Malgré la censure de Michel Barnier, Emmanuel Macron n’entend pas changer de cap ni d’alliances politiques. Après moult hésitations, il a chargé François Bayrou de former un gouvernement qui puisse durer jusqu’à l’été, en espérant la bienveillance d’une partie de la gauche.
Le chef de l’État a réuni mardi les partis politiques. Il a vu avec intérêt le PS formuler la proposition suivante : pas de censure contre l’engagement de ne pas utiliser le 49-3. Une issue qui lui offrirait une sortie de crise tout en lui évitant de faire la moindre concession politique.
Seul candidat, l’ancien premier ministre doit être élu dimanche 8 décembre secrétaire général du parti Renaissance. Une nouvelle casquette arrachée sans l’accord du chef de l’État, comme le symbole du paradoxe Attal : premier des macronistes, il multiplie aussi les signes de distance, voire de défiance, à l’égard de l’Élysée.
La motion de censure qui a renversé le gouvernement, mercredi 4 décembre, n’a pas décidé le président de la République à changer de cap. Au contraire : il cherche désormais parmi ses plus fidèles soutiens une solution pour tenir jusqu’à l’été.
Avant même la censure du gouvernement Barnier, la possibilité refait surface ces derniers jours. Alors que les appels à la démission se multiplient, l’Élysée continue de balayer l’hypothèse… comme avant la dissolution de l’Assemblée nationale en juin.
La diplomatie française invoque l’« immunité » du premier ministre israélien pour ne pas faire appliquer le mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale. Une volte-face décidée sous la pression d’Israël, en marge des négociations pour un cessez-le-feu au Liban.
Le Rassemblement national a menacé de se rallier à la motion de censure que devrait déposer la gauche mi-décembre, après le probable 49-3 sur le budget. Le gouvernement Barnier compte désormais les jours qui le séparent de sa fin. Et la classe politique échafaude tous les scénarios.
Après le front politique et le front budgétaire, l’exécutif doit gérer la succession de plans sociaux qui menace l’économie. Un nouveau nuage dans un ciel déjà bien chargé et un dilemme pour la coalition au pouvoir : jusqu’où pousser la politique pro-business, au risque de rompre définitivement avec les classes populaires ?