Après avoir conquis Canal+, CNews, Europe 1, « Paris Match » ou encore « Le Journal du dimanche », Vincent Bolloré a engagé, d’après nos informations, des négociations pour prendre le contrôle du « Figaro ». Au risque de relancer les polémiques sur la concentration des médias au profit des puissances d’argent.
L’immense empire de presse que Vincent Bolloré constitue et qu’il met au service d’une candidature d’extrême droite souligne l’intense danger auquel conduit une concentration toujours plus accentuée des médias. Le débat autour des critères anticoncentration s’en trouve relancé.
En plaçant des personnes de confiance à la tête du « JDD » et de « Paris Match », le milliardaire renforce son empire et l’arrime davantage à l’extrême droite, pour faire campagne en faveur d’Éric Zemmour. Le procédé fait penser à l'asservissement de la presse des années 1930.
L’appétit de Vincent Bolloré pour les médias et la ligne ultradroitière qu’il y façonne est-elle en train de se répliquer dans le monde de l’édition ? Chez Editis, les inquiétudes sont vives quant à la façon dont les remaniements internes et les productions éditoriales structurent le paysage à quelques mois de la présidentielle.
En cette rentrée particulière, année de l’élection présidentielle, le paysage médiatique fait la part belle aux figures proches de la droite de la droite. « On a l’impression que CNews donne le tempo et qu’il faut suivre », regrette un journaliste de France Inter.
Dans « À l’air libre » jeudi, Matthieu Bock et Jean-Gabriel Bourgeois, de la rédaction d’Europe 1, viennent parler de la grève historique qui a touché la station contre la mainmise de Vincent Bolloré, et de ses suites. Également au sommaire : couacs en série au grand oral du bac 2021.
Vincent Bolloré est en passe d’arrimer Europe 1 à sa chaîne CNews, qui est devenue un instrument de propagande en faveur d’une fascisation des esprits. Cette opération, qui intervient après l’annonce du rapprochement TF1-M6, dessine le paysage sinistre d’un audiovisuel que la puissance publique abandonne aux puissances d’argent et à la droite radicale.
Depuis qu’il en a pris la présidence, Vincent Bolloré se comporte en maître absolu du groupe Vivendi. Il n’a pourtant que 20 % du capital. Étrange situation.