On n’échappe pas à Noël

Par Sébastien Omont (En attendant Nadeau)

Écrivain d’une grande fantaisie et d’une profonde exigence, Giorgio Manganelli voyait dans la littérature « un artifice, un artefact de destination incertaine et ironiquement fatale ». Cet aspect à la fois dérisoire et nécessaire se retrouve dans La Crèche.

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Le récit posthume La Crèche de Giorgio Manganelli examine ce symbole de Noël à la fois dans le temps et dans l’espace. Il commence par signaler l’horreur incontestable de la période des fêtes, dont l’amoncellement de victuailles ne peut qu’être une tentative de conjurer « la sensation de dépérissement qui s’empare des vivants ». Les regroupements familiaux : un moyen de lutter contre une panique irrépressible. La primauté accordée aux enfants : l’espoir fourbe de fournir « une monnaie d’échange pour différer le désastre du monde ».