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Mediapart dim. 7 févr. 2016 7/2/2016 Édition du matin

Boris Tellegen, du graffiti dans la sculpture

2 novembre 2012 | Par Hugo Vitrani

Superpositions de formes rétroprojetées, tracés directs, matériaux sans richesse : Boris Tellegen découpe l'espace avec ses constructions déconstruites qui laissent apparaître des zones de chaos enfouies sous du placo fissuré. Comme la menace d'une insurrection – d'une catastrophe ? – qui vient. Rencontre en vidéo.

Cet article est en accès libre.

Superpositions de formes rétroprojetées, tracés directs, matériaux sans richesse (scotch, béton, bois, carton, mousse de matelas, bombes de peintures) : Boris Tellegen découpe l'espace avec ses constructions déconstruites, qui laissent apparaître des zones de chaos enfouies sous du placo fissuré. Comme la menace d'une insurrection – d'une catastrophe ? – qui vient.

Exposé à la galerie Backslash (Paris), à la Biennale du Havre et à la Prague City Gallery, Mediapart est allé à sa rencontre.

Boris Tellegen (Delta): lignes de ruptures © Mediapart

Au début du XVe siècle, Alberti et Brunelleschi ont inventé la perspective. Leur invention n'a pas fini de détonner : à la fin du XXe, Boris Tellegen a.k.a Delta a inventé le graffiti en 3D. Une puissante révolution dans l'histoire du graffiti européen.

Premier blaze en 1983 : Lone à 14 ans. Il deviendra ensuite Mess puis Delta, à une époque ou l'on parlait de writing plutôt que de graffiti.  Son crew : les USA (United Street Artists), avec Shoe, Jaz, Jan et autres pionniers du graffiti d'Amsterdam. Après une rencontre sur les quais de la Seine où l'histoire du graffiti se bombait entre la Concorde et le Pont Neuf (en passant par les palissades du Carrousel du Louvre et celles de Pompidou en chantier, puis du mythique terrain de Stalingrad), les USA se connecteront avec les TCA (The Chrome Angelz) et les CTK (Crime Time Kings).

C'était le départ de la connexion Paris-Londres-Amsterdam, où Bando, Mode2, Shoe, Delta et quelques autres (les BBC, Lokiss…) sont devenus les ambassadeurs du graffiti européen, travaillant leurs styles pour se démarquer des canons bien connus du graffiti américain des Dondi, Futura, Seen, Kaze2… Une histoire que l'on retrouve dans le livre Spraycan Art de Henry Chalfant, publié dès 1987.


Exothermic © over x growth

Boris Tellegen n'a pas tourné le dos à cette histoire. Son passé imprègne ses œuvres actuelles et il lui arrive de peindre des lettrages toujours aussi efficaces. Mais désormais, il utilise le graffiti tout comme il convoque la peinture, la sculpture, le design industriel : autant de médiums qu'il recouvre, détruit, assemble, déchire pour obtenir des lignes de tensions 2.0 et provoquer l'aléatoire. (Voir vidéo ci-dessus)

Alors, tout comme une obscure boucle de techno minimale souterraine, l'œuvre précaire de Boris Tellegen résonne avec le déclin d'un monde post-industriel. Un monde où les usines ferment et où les musées prennent des allures de bâtiments désaffectés. 

Cliquer sur l'onglet Prolonger pour avoir plus d'informations sur Boris Tellegen et ses expositions à Paris et Prague en passant par la Biennale du Havre.