Réédition de «Spartacus», en mémoire d'un soulèvement collectif

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En 1951, Howard Fast publie Spartacus, roman sur une révolte d’esclaves dans l’Empire romain, qui a servi de trame au film avec Kirk Douglas. Il est réédité aujourd’hui. Voilà une lecture pour ceux qui passent leur Nuit debout : une histoire de soulèvement collectif, venue d’un temps où l’on croyait aux lendemains qui chantent.

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Raconter des histoires, c’est « montrer ce qui pourrait être plutôt que ce qui est, mettre à l’épreuve des rêves et non se lamenter des faits, vêtir les vaincus d’étoffes victorieuses » : les éditions Agone inaugurent ce beau programme avec la réédition de Spartacus dans une nouvelle collection, « Infidèles ». Car la fiction est un lieu d’élaboration politique, ce qui suppose, comme dirait Jacques Rancière, « qu’il y a un lien essentiel entre la politique comme forme spécifique de la pratique collective et la littérature comme pratique définie de l’art d’écrire », non pas sous la forme d’un engagement revendiqué ou de thèses explicites, mais parce que « la littérature fait de la politique en tant que littérature », à commencer par le fait qu’elle ouvre des possibles (Politique de la littérature, Galilée, 2007).