«Les 8 Salopards»: Tarantino et le sang de l'Histoire

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Huit hommes contraints par le froid de partager le même espace. Au milieu d'eux, une femme qu'on s'apprête à pendre. Le deuxième western de Quentin Tarantino ne ressemble pas au premier, Django Unchained : c'est son film le plus noir et le plus négateur, celui aussi où la répétition de sa manière prête le plus à malentendu.

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Aucun cinéaste n’a arrêté aussi vite une manière aussi précise que Quentin Tarantino. Aucun non plus n’a si manifestement lié cette manière à celles de prédécesseurs illustres ou inconnus. Il est donc tentant de juger que l’Américain répète toujours le même film, à quelques iotas près. Plus d’un procède de la sorte, y compris parmi ceux qui le louent. Une vérité à peine moins forte risque alors, hélas, de passer à l’as : le cinéaste a profondément évolué en vingt-cinq ans, depuis Reservoir Dogs et Pulp Fiction.